Le « nettoyage » du motu Colette


En 1981 - 1982, Serge Mollet effectue un séjour de treize mois à Mururoa au Service Mixte de Sécurité Radiologique (SMSR). Durant un an, il est responsable de la sécurité radiologique de la zone sud de Mururoa, soit 25 km de rivage côté lagon suspect d’être contaminé au plutonium, balisé et interdit à tout le personnel.

La politique d’alors n’est pas d’interdire Mururoa mais de continuer les tirs vaille que vaille et de contrôler et de supprimer l’accès au rivage pour tout le personnel, avant de commencer le vaste programme de décontamination et récupération du site de Mururoa qui va durer des années et mobiliser des milliers de personnes.

Entre 1983 et 1986, Serge Mollet effectue onze séjours à Mururoa, toujours au SMSR : le nettoyage de la zone Colette commence !…
« C’est lors de ce nettoyage de la zone Colette que je suis contaminé en plutonium une première fois en contamination pulmonaire détectée par « kleenex » positif, écrit-il. Une seconde fois j’ai eu des « selles positives » analysées à Jean Prince (Papeete) : 9 picocuries. Le bruit de fond est de 3 picocuries, on doit être décontaminé au triplement du bruit de fond… »

Les militaires étaient parfaitement équipés pour le nettoyage en zone « Colette », avec films et dosimètres intégrateurs de doses. Ceci dit, cela ne servait à rien puisque le danger est exclusivement « alpha » et que les dosimètres ne détectent que les rayonnements gamma. Cependant le port de ces dosimètres était obligatoire.


« A cette époque, on dépensait 1 000 F (français) de tenue et masque à gaz par homme et par jour, poursuit Serge Mollet. Ces tenues étaient brûlées en fin de semaine, les cendres récupérées, mises en fûts bétonnés et enfouis dans un puits de 1200 m de profondeur. »

« Il faut aussi remettre les choses dans leur contexte réel. Cette décontamination de la zone « Colette » de 2,5 hectares de surface avec récupération des agrégats contaminés, va mobiliser des centaines de personnes durant des années... Le danger radiologique, on le connaît, on l’appréhende en permanence. Cependant, les conditions climatiques difficiles, avec des pluies importantes, des chaleurs intenses, une altitude du « platier Colette » de 0,50 m à 1 m balayé en permanence par les vagues côté lagon et côté océan vont perturber considérablement le chantier et seront à l’origine de pathologies développées par le personnel.

Parmi ces maladies, le stress, fatigues intenses, dengues, grippes, maladies de peau, mycoses des ongles (les ongles des mains et des pieds deviennent noirs, pourrissent et tombent) « pytheriasis versicolors », maladies respiratoires, légionnellose, maladies rénales (il est interdit de boire en zone contrôlée), diarrhées, vomissements, etc… Tout cela se conjugue à d’éventuelles contaminations, ce qui fut mon cas. J’ai développé ces maladies précitées, j’ai dû être hospitalisé au Val de Grâce suite à des « klepselia pneumonaées » avec complications rénales, j’avais des mycoses et des selles positives de surcroît !… »



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