Réhabilitations à Pukarua et Reao


A la suite du rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée de Polynésie, le ministère de la Défense a décidé de « déconstruire » les anciennes installations du CEP abandonnées depuis plus de 20 ans à Pukarua et à Reao.

A Pukarua, l’abri Pantz était encore en place mais en très mauvais état. Celui de Reao avait été détruit et il ne restait que la dalle bétonnée. D’autres ruines ou dalles de béton étaient encore en place en 2006 sur les deux atolls.

Les autorités du ministère de la Défense ont fait réaliser des analyses radiologiques des divers matériaux de ces ruines. Les résultats ont été peu significatifs, confirmant ainsi les mesures faites par la Criirad lors de la Commission d’enquête aux Gambier, à Tureia et Hao. En effet, on relève bien des traces de césium-137, prouvant ainsi, trente ans plus tard, les retombées des essais aériens sur ces atolls. Mais depuis 1974, les atolls ont été « lessivés » par les saisons des pluies successives et les particules radioactives ont été entraînées en mer, dans le fond des lagons ou dans les sous-sols poreux des atolls. De plus, la décroissance radioactive a réduit notablement la nocivité des retombées des essais aériens. Aujourd’hui, les effets des essais aériens doivent plutôt se « mesurer » sur l’état de santé des habitants de Pukarua et de Reao qui vivaient sur leurs atolls au temps des essais aériens et éventuellement sur l’état de santé de leurs descendants.

Un détachement d’une quarantaine de militaires a commencé les travaux à Pukarua en juin 2007 et se sont poursuivis d’octobre à décembre à Reao. Outre les « déconstructions », les gravats concassés issus des démolitions ont été réutilisés pour des besoins communaux, notamment pour l’empierrement de routes et la construction d’un mur anti-houle à Pukarua. Cependant, un seul « incident » est à noter : profitant d’une carence juridique propre à la Polynésie et d’un gouvernement local qui « faisait confiance à l’Etat », les déchets métalliques extraits des démolitions ont été immergés. Le retour d’un gouvernement Temaru a permis la réinstallation du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Coscen). Ce dernier s’est saisi de cette « anomalie » juridique par laquelle le droit de la mer ne s’appliquait pas en Polynésie concernant les rejets en mer. Un arrêté fut pris interdisant le « rejet par le fond » des ferrailles. Les autorités militaires chargées de la conduite des travaux de réhabilitation dans les îles en ont pris bonne note et, pour les chantiers suivants, aucun rejet en mer ne sera effectué.


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