24 août 1968. La Tarentule à Fangataufa


Le temps presse. En effet, fort du succès du premier tir thermonucléaire, la DIRCEN a programmé une prochaine bombe H en face de Denise à Moruroa pour le 8 septembre. Ce sera l’essai Procyon. Quelques heures après Canopus, les marins de la Tarentule n’ont guère le temps d’admirer l’exploit des ingénieurs militaires.

La Tarentule pénètre dans le lagon.


Serge Lecordier, jeune marin, décrit le spectacle qui s’offre à ses yeux :
« A bâbord, nous regardons effrayés l’immense tour de télécommunication quasiment pliée en deux. Le lagon est tout blanc. Il est jonché de milliers de cadavres de poissons. A terre, c’est un spectacle d’apocalypse : il n’y a plus un cocotier debout et il y a des feux à leur base. Des nuages de mouches sont déjà sur les cadavres avec cette acre odeur de brûlé. Nous arrivons en face du blockhaus Frégate. Notre tâche est de récupérer les « corps morts », ces énormes blocs de bétons qui fixaient les câbles du ballon. Nous devons les remonter du fond du lagon pour les replacer en face de Denise pour fixer le ballon de Procyon. »


Serge est désigné pour l’opération la plus délicate. En surface, les compteurs Geiger crachent au maximum. Une erreur de manœuvre et le voilà précipité avec le bloc de béton au fond du lagon. Les marins le croient perdu, mais soudain, il surgit à la surface. Sa combinaison de protection n’a pas résisté, il est complètement nu avec une grande douleur aux tympans.


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  • DIRCEN
  • Direction des centres d’expérimentations nucléaires


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En quelle année la France a-t-elle signé le traité d’interdiction totale des essais nucléaires ?



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